Maladies des yeux : le guide complet de A à Z

Maladie yeux, maladie des yeux

Il existe de nombreuses maladies des yeux différentes. L’œil est un organe complexe et très sensible, et certaines de ces maladies peuvent entraîner une déficience visuelle durable. Ce guide référence les principales maladies oculaires, classées par ordre alphabétique, avec pour chacune l’essentiel : ce que c’est, les symptômes, et ce qu’on peut faire.

Achromatopsie

L’achromatopsie (ou achromatie) se manifeste par l’absence de vision des couleurs. Elle existe sous deux formes : l’achromatopsie congénitale, maladie génétique rare due à la dégénérescence des cônes de la rétine (les cellules chargées de la vision de jour et des couleurs), et l’achromatopsie cérébrale, contractée à la suite d’une lésion cérébrale, comme un AVC. Une personne atteinte est dite achromate.

Albinisme

L’albinisme est une particularité génétique héréditaire caractérisée par un déficit de production de mélanine. Au niveau des yeux, ce déficit touche les pigments indispensables à la rétine, et le nerf optique peut présenter un sous-développement : la vision est déficiente et la sensibilité à la lumière très forte (photophobie). Les personnes albinos doivent aussi se protéger particulièrement du soleil, leur peau étant exposée aux kératoses et cancers cutanés.

Amaurose congénitale de Leber

L’amaurose congénitale de Leber est une maladie génétique grave de la rétine, détectée chez le nouveau-né devant une réaction lente de la pupille à la lumière, voire une photophobie. Elle évolue vers une malvoyance profonde. Une thérapie génique existe depuis quelques années pour certaines formes précises de la maladie — un des premiers succès de la thérapie génique en ophtalmologie.

Amblyopie

L’amblyopie — souvent appelée « œil paresseux » — est un développement insuffisant de la vision d’un œil pendant la petite enfance : le cerveau privilégie l’œil qui voit bien et « débranche » progressivement l’autre. Elle est le plus souvent causée par un strabisme ou une forte différence de correction entre les deux yeux. Dépistée tôt (idéalement avant 6 ans), elle se traite très bien, notamment par occlusion de l’œil sain et rééducation orthoptique. Détectée tard, la baisse d’acuité devient définitive — d’où l’importance du dépistage visuel chez le jeune enfant.

Aniridie

L’aniridie est l’absence d’iris, le plus souvent congénitale, parfois consécutive à un traumatisme. L’iris filtrant la lumière, son absence provoque une forte gêne lumineuse et une baisse significative de l’acuité visuelle, pouvant aller jusqu’à la cécité. L’aniridie est fréquemment associée à un glaucome.

Anisométropie

L’anisométropie est une différence de réfraction entre les deux yeux : la personne est par exemple myope d’un œil et hypermétrope de l’autre, ou présente une différence marquée de correction entre les deux yeux. Chez l’enfant, elle doit être corrigée tôt car elle peut provoquer une amblyopie.

Aphakie

L’aphakie (ou aphaquie) est l’absence de cristallin, à la suite d’une intervention chirurgicale ou d’une anomalie congénitale. Elle entraîne une perte de la mise au point (de loin comme de près) et une forte hypermétropie, aujourd’hui généralement corrigée par un implant intraoculaire.

Asthénopie

L’asthénopie est une fatigue oculaire touchant les muscles de l’œil. Elle entraîne douleurs oculaires, maux de tête et parfois vertiges. On distingue l’asthénopie accommodative (chez les myopes, hypermétropes et presbytes insuffisamment corrigés) et l’asthénopie musculaire (liée à un effort prolongé de fixation, typiquement devant les écrans). Une rééducation orthoptique peut soulager durablement.

Astigmatisme

L’astigmatisme est un trouble de la vision de près comme de loin, dû à une cornée légèrement déformée (ovale au lieu de sphérique). Une personne astigmate peut voir un trait à la place d’un point, et souffre souvent de maux de tête et de picotements des yeux. C’est une cause très fréquente de fatigue visuelle, qui se corrige bien par lunettes, lentilles ou chirurgie.

Cataracte

La cataracte est une opacification partielle ou totale du cristallin. Elle entraîne une baisse progressive de la vue, des troubles de la vision des couleurs et une sensibilité à la lumière. Liée au vieillissement, elle touche surtout les plus de 60 ans. Bonne nouvelle : elle se traite très efficacement par chirurgie (remplacement du cristallin par un implant), l’une des opérations les plus pratiquées au monde. Faute d’accès aux soins, elle reste néanmoins la première cause de cécité dans le monde.

Cécité

La cécité est une déficience visuelle totale, aux causes multiples : affection congénitale, glaucome, cataracte non opérée, décollement de rétine, rétinite pigmentaire… Une personne atteinte de cécité des deux yeux est dite aveugle. On estime à environ 65 000 le nombre de personnes aveugles en France — et à plus d’1,7 million le nombre de personnes déficientes visuelles.

Colobome

Le colobome est une anomalie du développement du cristallin, de l’iris, de la choroïde ou de la rétine, décelée dès la naissance. L’acuité visuelle dépend de l’étendue de l’atteinte rétinienne. Il n’existe pas de traitement curatif, la prise en charge vise à corriger au mieux la vision et à suivre les complications.

Daltonisme

Le daltonisme est une déficience d’un ou plusieurs types de cônes de la rétine, le plus souvent d’origine génétique (il touche environ 8 % des hommes). Il entraîne une difficulté à percevoir certaines couleurs — le plus fréquemment à distinguer le vert du rouge. Il n’est pas évolutif et ne menace pas la vision.

Décollement de la rétine

Le décollement de la rétine est une séparation de la rétine de son support. C’est une urgence ophtalmologique : non traité, il conduit à la perte de la vue. Les signes d’alerte : baisse brutale de la vision, voile noir dans le champ visuel, mouches volantes soudaines, impression d’éclairs lumineux. Il touche principalement les plus de 50 ans, les fortes myopies et les personnes diabétiques. Opéré à temps, le pronostic est bon.

DMLA (Dégénérescence maculaire liée à l’âge)

La DMLA est une dégénérescence de la macula, la partie centrale de la rétine. Elle entraîne une perte progressive de la vision centrale — lecture, conduite, reconnaissance des visages — mais préserve la vision périphérique : elle ne rend habituellement pas totalement aveugle. On distingue deux formes : la DMLA sèche (80 à 90 % des cas), d’évolution lente et sans traitement curatif à ce jour, et la DMLA humide, d’évolution rapide mais qui se traite efficacement par injections intra-oculaires (anti-VEGF) si elle est prise à temps. C’est la première cause de malvoyance après 50 ans dans les pays développés : environ 1,5 million de personnes concernées en France. Voir notre guide complet sur la DMLA : symptômes, formes, traitements et vie quotidienne.

Glaucome

Le glaucome est une maladie dégénérative du nerf optique, le plus souvent liée à une pression trop élevée à l’intérieur de l’œil. Il détruit d’abord la vision périphérique — de façon indolore et longtemps imperceptible — puis menace la vision centrale. La perte de vision est irréversible, ce qui en fait la deuxième cause de cécité dans le monde. Des traitements efficaces existent (collyres, laser, chirurgie) pour stopper ou ralentir l’évolution : tout l’enjeu est le dépistage précoce, par une mesure régulière de la tension oculaire après 40 ans.

Hypermétropie

L’hypermétropie est l’inverse de la myopie : la vision de près est difficile, la vision de loin meilleure. Elle est généralement due à un œil trop court. Très fréquente, elle passe souvent inaperçue jusqu’à la trentaine, l’œil jeune compensant par l’accommodation — au prix de fatigue visuelle, tensions et maux de tête. Les bébés sont souvent hypermétropes, avec une correction spontanée en grandissant. Lunettes, lentilles ou chirurgie corrigent bien ce trouble.

Kératocône

Le kératocône est une maladie dégénérative de la cornée, qui prend progressivement une forme conique au lieu de sphérique, déformant la vision. Il est généralement diagnostiqué entre l’adolescence et 30 ans. La correction passe par des lunettes au début, puis des lentilles rigides spécialisées ; un traitement appelé « cross-linking » permet aujourd’hui de freiner l’évolution, et la greffe de cornée reste la solution des formes avancées.

Maladie de Best

La maladie de Best est une dystrophie maculaire d’origine génétique : elle dégrade les photorécepteurs de la macula (les cellules qui recueillent l’information lumineuse) et entraîne une baisse progressive de la vision centrale. Elle est généralement détectée entre 7 et 12 ans, avec une sévérité très variable d’une personne à l’autre.

Maladie d’Horton

La maladie d’Horton est une inflammation des artères de la tête. Ses symptômes : maux de tête, douleurs à la mâchoire, sensibilité du cuir chevelu. Elle peut toucher les artères de l’œil et provoquer une baisse de vision brutale, parfois définitive — c’est une urgence. Le diagnostic repose sur des analyses sanguines et une biopsie de l’artère temporale, et le traitement sur les corticoïdes, très efficaces s’ils sont démarrés tôt.

Maladie de Stargardt

La maladie de Stargardt est une maladie génétique rare provoquant une atrophie progressive de la macula, dès l’enfance (entre 5 et 16 ans). L’acuité visuelle centrale devient très faible (1/10e à 1/20e), mais les personnes atteintes ne deviennent pas totalement aveugles, la vision périphérique étant préservée. Aucun traitement curatif n’existe encore, mais la recherche en thérapie génique avance.

Myopie

La myopie est un trouble de la vue très répandu : la vision de loin est altérée, la vision de près excellente. Elle peut débuter à tout âge, et plus elle est précoce, plus elle risque d’être sévère. Lunettes, lentilles et chirurgie réfractive la corrigent bien. À noter : la myopie forte est un facteur de risque de décollement de rétine et de glaucome, ce qui justifie un suivi ophtalmologique régulier.

Neuropathie de Kjer (atrophie optique dominante)

L’atrophie optique dominante, ou maladie de Kjer, est une dégénérescence bilatérale des nerfs optiques qui débute généralement dans les dix premières années de la vie. Ce n’est pas une maladie de l’œil lui-même, mais un défaut de transmission des informations de l’œil au cerveau. C’est une neuropathie optique héréditaire, comme celle de Leber, avec laquelle elle partage des similitudes — mais son évolution est plus lente.

Neuropathie optique de Leber

La neuropathie optique de Leber est une maladie génétique du nerf optique. Elle entraîne une perte de la vision centrale et l’apparition d’un scotome (tache dans le champ visuel), généralement chez des adultes jeunes (18 à 35 ans), avec une progression très rapide — quelques jours à quelques semaines. Le diagnostic est confirmé par analyse génétique.

Nystagmus

Le nystagmus est un trouble de la coordination des muscles de l’œil qui provoque des mouvements involontaires et saccadés des yeux. Il s’accompagne fréquemment d’un strabisme. Selon sa sévérité, il peut limiter la conduite ou certaines activités. Une prise en charge orthoptique, et dans certains cas une chirurgie des muscles oculaires, peuvent apporter un vrai confort visuel.

Presbytie

La presbytie n’est pas une maladie à proprement parler, mais une conséquence inéluctable du vieillissement du cristallin : la vision de près se dégrade, généralement entre 40 et 50 ans. Les premiers signes sont connus de tous : on allonge les bras pour lire, on a besoin de plus de lumière, la lecture prolongée fatigue et donne des maux de tête. Lunettes de lecture, verres progressifs ou lentilles la corrigent simplement.

Ptosis

Le ptosis est un affaissement de la paupière supérieure, causé par un déficit du muscle releveur. Il peut être présent dès la naissance ou apparaître avec l’âge, et gêne la vision lorsque la paupière recouvre la pupille. Une opération chirurgicale des muscles releveurs permet de le corriger.

Rétinite pigmentaire

La rétinite pigmentaire est une maladie génétique de la rétine touchant les photorécepteurs. Elle se manifeste d’abord par une perte de la vision nocturne, puis un rétrécissement progressif du champ visuel (« vision en tunnel »), souvent accompagnés de photophobie. Généralement détectée à l’adolescence, elle devient handicapante à l’âge adulte et constitue l’une des premières causes de cécité d’origine héréditaire. Elle peut être associée à d’autres pathologies, comme le syndrome d’Usher. Incurable à ce jour, elle fait l’objet de recherches actives en thérapie génique et rétine artificielle.

Rétinoblastome

Le rétinoblastome est une tumeur maligne de la rétine qui apparaît chez le jeune enfant, avant 5 ans. Ce cancer de l’œil est d’origine génétique et peut être héréditaire. Le signe d’alerte classique : un reflet blanc dans la pupille sur les photos au flash. Pris à temps, il se traite bien (chirurgie, chimiothérapie, laser, radiothérapie), avec un taux de guérison élevé dans les pays développés.

Rétinopathie diabétique

La rétinopathie diabétique est une atteinte des vaisseaux sanguins de la rétine causée par le diabète, aggravée par l’hypertension. Elle provoque une perte de vue progressive et peut rendre aveugle : c’est la première cause de cécité avant 65 ans en France. Maladie insidieuse, elle peut évoluer dix ans sans symptôme — d’où le fond d’œil annuel indispensable pour toute personne diabétique. Son évolution se maîtrise par une bonne gestion du diabète et de la tension, et se traite par laser ou injections intraoculaires.

Strabisme

Le strabisme est un défaut de parallélisme des axes visuels : les deux yeux ne fixent pas le même point — la personne « louche ». Détecté le plus souvent chez l’enfant, il doit être traité tôt pour éviter une amblyopie (le cerveau abandonne l’œil dévié). La prise en charge associe correction optique, rééducation orthoptique et, pour les cas prononcés, chirurgie. Son impact psychologique et social ne doit pas être négligé.

Syndrome d’Usher

Le syndrome d’Usher est une maladie génétique associant une surdité et une déficience visuelle par rétinite pigmentaire. La vision se dégrade généralement jusqu’à une malvoyance profonde entre 50 et 70 ans. La prise en charge est double — auditive (appareillage, implants cochléaires) et visuelle (rééducation basse vision) — car le handicap combiné exige un accompagnement spécifique. Il n’existe pas de traitement curatif à ce jour.

Syphilis oculaire

La syphilis oculaire est une atteinte de l’œil provoquée par la bactérie responsable de la syphilis. Elle peut survenir à n’importe quel stade de l’infection, y compris précoce, et toucher toutes les structures de l’œil — le plus souvent sous forme d’uvéite. Les signes : vision floue, corps flottants, douleur oculaire, photophobie, baisse de vision parfois rapide. C’est une urgence : traitée à temps par antibiotiques, la récupération visuelle est généralement bonne ; retardée, l’atteinte peut devenir définitive. Les cas de syphilis étant en augmentation en France, cette cause est aujourd’hui à nouveau recherchée devant toute uvéite inexpliquée.

Vivre avec une maladie des yeux

Quand une maladie des yeux évolue vers la malvoyance, des solutions concrètes permettent de préserver l’autonomie au quotidien : la rééducation basse vision avec un orthoptiste, le soutien des associations près de chez vous, les aides financières (PCH, MDPH) pour s’équiper, et les aides techniques comme notre téléphone pour malvoyant Olga, entièrement commandé à la voix. Une maladie des yeux n’est pas la fin de l’autonomie — c’est le début d’une autre façon de faire.

Sources

Ce guide d’information ne remplace pas un avis médical. Faits médicaux issus des sources suivantes : Assurance Maladie (ameli.fr) · Inserm · Société Française d’Ophtalmologie · Orphanet (maladies rares). Chaque fiche renvoie vers nos guides détaillés lorsqu’ils existent. Pour tout symptôme, consultez un ophtalmologiste.